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Autorisation de travail : ce que l’employeur doit obtenir avant d’embaucher

Elle conditionne la carte salarié, travailleur temporaire ou saisonnier ; beaucoup d’autres titres en dispensent.

Vérifié par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode

Autorisation de travail : date du refus implicite

Sans réponse, refus implicite le

1er décembre 2026

Demande déposée le1er octobre 2026
Recours possible jusqu’au1er février 2027
Offre publiée au préalable3 semaines
Taxe employeur →

L’autorisation de travail est la permission que l’employeur doit obtenir avant d’embaucher un étranger non européen dont le titre ne permet pas déjà de travailler. Elle est obligatoire pour les cartes salarié, travailleur temporaire et travailleur saisonnier, et doit être redemandée pour chaque nouveau contrat. Elle ne l’est pas pour les titulaires d’une carte vie privée et familiale, d’une carte de résident, d’une carte talent ou de la carte de recherche d’emploi. La demande se fait uniquement en ligne. En principe, l’offre doit avoir été publiée pendant 3 semaines consécutives auprès du service public de l’emploi, sauf métier en tension ou jeune diplômé de master payé au moins 2 800,53 € brut par mois. Le salaire ne peut pas être inférieur au Smic, 1 867,02 €. Si la préfecture ne répond pas dans les 2 mois, la demande est réputée refusée : pour un dépôt le 5 novembre 2026, le refus implicite naît le 5 janvier 2027. Une fois accordée, elle entraîne la taxe employeur, 1 320,00 € pour un CDI à 2 400 € par mois.

Quand l’autorisation est obligatoire

La règle part du titre que détient la personne, pas du poste. Avec un VLS-TS ou une carte « salarié » ou « travailleur temporaire », l’autorisation est obligatoire et ne vaut que pour l’emploi qui l’a justifiée : un nouveau contrat exige une nouvelle autorisation. Avec une carte « travailleur saisonnier », même chose, et les travaux saisonniers sont limités à six mois par an. Avec une carte de séjour délivrée par un autre pays de l’Union européenne, on ne peut ni séjourner ni travailler en France : il faut un visa de long séjour, et l’employeur demande l’autorisation selon le visa demandé. Un mineur de 16 à 18 ans a toujours besoin d’une autorisation, y compris en apprentissage. Ces cas figurent sur la fiche Autorisation de travail d’un salarié étranger.

Les titres qui en dispensent

L’employeur n’a rien à demander quand le salarié détient l’un des titres suivants. Il doit en revanche vérifier l’authenticité du titre auprès de la préfecture du lieu d’embauche au moins deux jours ouvrables avant l’embauche, sauf si la personne est inscrite comme demandeur d’emploi à France Travail ; sans réponse en deux jours ouvrables, la vérification est réputée faite.

Travail salarié selon le titre de séjour
Titre détenuTravail salarié
Carte vie privée et familiale, carte de résidentlibre
Carte talent (salarié qualifié, carte bleue, chercheur…)l’activité qui a permis la carte
Carte recherche d’emploi ou création d’entrepriseemploi lié aux études, plus de 2 800,53 € par mois
Carte étudiant964 heures par an
Carte ICT (salarié détaché)la mission de détachement
Carte salarié, travailleur temporaire, saisonnierautorisation obligatoire

La demande : en ligne, par l’employeur

La demande se fait uniquement par le téléservice, que l’étranger soit en France ou à l’étranger, par l’employeur ou par un mandataire. Pour un salarié détaché par une entreprise non établie en France, c’est le donneur d’ordre ou l’entreprise utilisatrice qui la dépose. La démarche n’est pas ouverte à l’étranger présent en France sans titre : il relève de l’admission exceptionnelle au séjour. La demande est instruite par le préfet du département du siège de l’employeur ou, pour un détachement intragroupe, par celui du cocontractant.

Les critères examinés

Pour l’emploi : il figure sur la liste des métiers en tension, ou l’offre a été publiée pendant 3 semaines consécutives dans les six mois précédents sans candidature valable. La liste nationale a été fixée par l’arrêté du 21 mai 2025 ; des listes propres existent pour la Guadeloupe, la Guyane, la Réunion et la Martinique. Pour l’employeur : il respecte ses obligations sociales, n’a pas été sanctionné pour travail illégal, aide au séjour irrégulier, atteinte à la personne ou faux, et fournit une attestation de versement des cotisations de moins de six mois. Pour la rémunération : au moins le Smic, 1 867,02 € par mois, ou le minimum de la convention collective s’il est plus élevé. La demande peut être refusée si le recrutement est manifestement disproportionné par rapport à l’activité de l’entreprise. Le détail est sur la fiche sur la délivrance des autorisations de travail et dans les articles L5221-5 à L5221-11 du Code du travail.

Les jeunes diplômés et les étudiants

Deux exceptions comptent pour les diplômés. Avec la carte de recherche d’emploi, ou avec un master obtenu dans l’année, l’emploi en relation avec la formation et payé au moins 2 800,53 € brut par mois n’a pas à être publié et peut ne pas figurer sur la liste des métiers en tension. Pour l’étudiant qui dépasse 964 heures dans son cursus, l’autorisation devient nécessaire, sauf contrat d’apprentissage validé par l’opérateur de compétences. La page Changement de statut compare votre salaire à ce seuil.

Après l’accord, et en cas de refus

Si le salarié vit à l’étranger, l’employeur lui envoie l’autorisation pour qu’il demande son visa au consulat. S’il vit en France avec une carte salarié et que l’autorisation porte sur un CDI, il peut travailler tout de suite ; sur un CDD, il doit d’abord changer de carte et attendre un récépissé l’autorisant à travailler. Le titulaire d’une carte saisonnier ne peut pas changer de statut : il doit repartir demander un visa. En cas de refus notifié ou implicite, au bout de 2 mois, le délai de recours est de 2 mois. Pour une demande déposée le 5 novembre 2026, le refus implicite naît le 5 janvier 2027 et le recours reste possible jusqu’au 5 mars 2027.

Ce que risque l’employeur sans autorisation

Employer en connaissance de cause un étranger non autorisé à travailler expose à des sanctions pénales, avec une amende par salarié concerné et jusqu’à cinq ans de prison, et à des sanctions administratives : refus des aides publiques à l’emploi pendant cinq ans au plus, remboursement des aides de l’année précédente, fermeture temporaire de l’établissement, exclusion des contrats administratifs, amende administrative calculée sur le minimum garanti et nettement plus lourde en cas de récidive. La fiche officielle donne les montants ; elle précise aussi qu’une fraude ou une fausse déclaration destinée à obtenir un titre de travail est punie d’un an de prison. La vérification du titre deux jours avant l’embauche est la meilleure protection de l’employeur.

Deux idées reçues

L’autorisation provisoire de travail n’existe plus depuis le 1er avril 2021, comme le rappelle la fiche officielle. Et la régularisation par le travail d’une personne sans titre ne passe pas par cette procédure, mais par l’admission exceptionnelle au séjour décrite sur la fiche Régularisation par le travail, où la préfecture peut exiger sept ans de présence. Information, pas un conseil juridique ; les ressortissants algériens relèvent d’autres règles.

Questions fréquentes

Quels titres de séjour dispensent d’autorisation de travail ?

La carte vie privée et familiale, la carte de résident, la carte de résident longue durée-UE obtenue en France, les cartes talent, la carte de recherche d’emploi ou de création d’entreprise, les cartes des protégés subsidiaires et apatrides, la carte « Article 50 TUE » des Britanniques et la carte ICT pour la mission détachée. L’étudiant travaille sans autorisation dans la limite de 964 heures par an.

L’autorisation provisoire de travail existe-t-elle encore ?

Non. Depuis le 1er avril 2021, l’autorisation provisoire de travail a disparu. L’employeur doit demander une autorisation de travail ordinaire, par le téléservice, dès que le titre de séjour du salarié ne permet pas de travailler. La confirmation de dépôt reçue après la saisie en ligne ne permet pas de commencer à travailler.

Combien de temps l’offre d’emploi doit-elle être publiée avant la demande ?

Pendant 3 semaines consécutives, dans les six mois qui précèdent la demande, auprès d’un organisme du service public de l’emploi comme France Travail, sans candidature valable reçue. Cette publication n’est pas exigée pour un métier en tension, ni pour un diplômé de master ou de licence professionnelle dont l’emploi correspond à la formation et atteint 2 800,53 € par mois.

Que faire si la préfecture ne répond pas à la demande d’autorisation ?

Après 2 mois sans réponse, la demande est réputée refusée. Vous disposez alors de 2 mois pour former un recours gracieux devant le préfet, hiérarchique devant le ministre de l’intérieur, ou contentieux devant le tribunal administratif ; l’avocat n’est pas obligatoire. Le mini-simulateur calcule ces deux dates à partir du mois de dépôt.

Un récépissé permet-il de travailler en attendant la carte ?

Seulement s’il porte la mention « autorise son titulaire à travailler ». Le récépissé de renouvellement d’une carte qui autorisait le travail le permet. Pour une première demande de carte salarié ou travailleur temporaire, il ne vaut que chez l’employeur qui a obtenu l’autorisation de travail. Certaines attestations de l’ANEF ont le même effet.

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Sources officielles

Rédigé par

Éditeur de simulateurs sur le droit au séjour et la nationalité en France

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