Procédure du regroupement familial : les étapes et leurs délais
De l’attestation de dépôt de l’OFII au premier titre de séjour de votre conjoint, voici l’ordre des étapes et les seuls délais que la loi fixe.
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Regroupement familial : vos dates
Demande possible à partir du
1er septembre 2026
| Si déposée ce jour-là, refus implicite le | 1er mars 2027 |
La procédure de regroupement familial se déroule en cinq temps : vérifier les conditions, constituer le dossier, le transmettre à l’OFII, attendre l’instruction par le maire puis la décision du préfet, et enfin préparer l’arrivée de la famille. La demande n’est possible qu’après 18 mois de séjour régulier : avec un premier titre obtenu le 1er mars 2025, la date d’ouverture est le 1er septembre 2026. Pour un dossier complet déposé le 15 septembre 2026, le maire doit rendre son avis dans les deux mois, soit avant le 15 novembre 2026, faute de quoi il est réputé favorable ; le préfet doit notifier sa décision dans les 6 mois, soit avant le 15 mars 2027, et son silence vaut alors refus. Une fois l’accord donné, le conjoint demande un visa de long séjour, entre en France dans les trois mois, valide son visa en ligne contre une taxe de 100 €, passe la visite médicale de l’OFII puis, l’année suivante, paie 150 € pour sa première carte. Aucun délai moyen n’est publié par les préfectures.
Étape 1 : vérifier les conditions
Au dépôt, le demandeur doit détenir une carte de séjour d’au moins un an, une carte pluriannuelle, une carte de résident ou le récépissé de renouvellement de l’un de ces titres. Il doit surtout résider en France depuis au moins 18 mois ; ce séjour peut avoir été accompli sous un visa long séjour valant titre, une carte de moins d’un an, une autorisation provisoire, un récépissé ou une attestation de demande d’asile. Viennent ensuite les ressources (simulateur des ressources), le logement (simulateur de surface) et le respect des principes essentiels de la vie familiale en France. Une situation de polygamie interdit de faire venir une seconde épouse. Ces règles figurent au CESEDA, articles L434-1 à L434-12.
À Mayotte, les règles diffèrent : il faut y séjourner depuis au moins trois ans avec un titre d’au moins cinq ans. Les membres de la famille sont le conjoint d’au moins 18 ans légalement marié et les enfants de moins de 18 ans, ceux du couple, ou ceux d’une précédente union si l’autre parent est décédé, déchu de l’autorité parentale, ou si une décision étrangère confie l’autorité parentale. L’âge s’apprécie au jour du dépôt.
Étape 2 : constituer le dossier
Le dossier comprend le formulaire cerfa de demande, la copie recto verso de votre titre, les actes d’état civil en copie intégrale (mariage, naissance de chacun) traduits par un traducteur agréé, douze mois de justificatifs de ressources et les justificatifs du logement. Les pièces de ressources changent selon votre situation : avis d’imposition et bulletins de paie pour un salarié, extrait du registre national des entreprises et bilan pour un commerçant ou un artisan, relevé de France Travail pour un demandeur d’emploi, décision d’attribution pour un retraité. Le logement se prouve par le bail et la dernière quittance, l’acte de propriété ou une attestation d’hébergement. La fiche officielle donne la liste complète, cas par cas.
Étape 3 : la transmission à l’OFII
Le dossier part à l’OFII en ligne ou par lettre recommandée. Complet, il donne lieu à une attestation de dépôt qui précise la date : c’est elle qui fait courir les délais légaux et qui permet à votre famille d’engager la demande de visa. Gardez-la précieusement, et transmettez-la avec les pièces d’état civil à votre famille à l’étranger dès que vous la recevez. La simulation ci-dessous donne la date d’ouverture de la demande et, si vous déposez ce jour-là, la date du refus implicite.
Étape 4 : l’instruction par le maire, puis la décision du préfet
Le maire de votre commune, ou de celle où vous comptez vous installer, examine les ressources et le logement. Il dispose de deux mois pour rendre son avis ; son silence vaut avis favorable. Le dossier revient à la délégation territoriale de l’OFII, qui complète l’instruction si besoin et le transmet au préfet du département (à Paris, le préfet de police). Le préfet a 6 mois à compter du dépôt du dossier complet pour notifier sa décision. Ces délais sont les seuls fixés par les textes, aux articles R434-7 à R434-11 du CESEDA notamment ; aucune préfecture ne publie la durée moyenne réelle.
| Étape | Délai légal | Exemple |
|---|---|---|
| Ouverture de la demande | 18 mois de séjour | 1er septembre 2026 |
| Dépôt du dossier complet | - | 15 septembre 2026 |
| Avis du maire | 2 mois | 15 novembre 2026 |
| Décision du préfet (sinon refus implicite) | 6 mois | 15 mars 2027 |
Étape 5 : préparer l’arrivée de la famille
Après l’accord, l’OFII prévient le maire et le consulat. Le conjoint dépose sans attendre une demande de visa de long séjour valant titre de séjour ; la famille doit entrer en France dans les trois mois suivant la délivrance des visas. Arrivé, le conjoint valide son visa en ligne dans les trois mois et paie la taxe, de 100 € au tarif minoré qui s’applique au regroupement familial. La famille passe une visite médicale organisée par l’OFII, parfois dès le pays de départ ; le certificat remis à la fin est indispensable pour obtenir un titre. Le calendrier de validation du VLS-TS donne les dates exactes.
Visa long séjour : ce qui se paie en France
Taxe de validation du VLS-TS
300 €
| Première carte (année 2) | 350 € |
| Deux premières années | 650 € |
| Frais de visa au consulat | selon le pays |
Le titre de séjour de la famille, puis les timbres
Dans le cas général, le conjoint demande après un an de séjour une carte de séjour temporaire vie privée et familiale. Les enfants mineurs n’ont pas besoin de titre ; devenus majeurs, ou dès 16 ans s’ils veulent travailler, ils demandent la même carte. Pour les ressortissants du Maroc et de la Tunisie, et pour ceux des pays d’Afrique liés à la France par un accord de circulation (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Mali, Sénégal, Togo notamment), la famille obtient le même titre que le demandeur : carte temporaire ou carte de résident, à demander dans les deux mois de l’arrivée. Chaque titre de la famille coûte 150 € en timbres fiscaux ; si le membre de la famille est entré sans visa de long séjour, le visa de régularisation porte la somme à 450 €, dont 100 € payés au dépôt et non remboursables. Ces montants suivent la hausse du 1er mai 2026.
Les familles qui suivent une autre procédure
Service-Public.fr le rappelle : le regroupement familial ne concerne que la famille d’un étranger non européen. Le conjoint d’un Français, le parent d’un enfant français, la famille d’un Européen, celle d’un réfugié ou d’un protégé subsidiaire (réunification familiale), celle d’un résident de longue durée-UE venu d’un autre pays européen et celle d’un titulaire de carte talent (carte talent-famille) obtiennent un visa par une autre voie, souvent plus rapide. La famille déjà présente en France peut exceptionnellement bénéficier d’un regroupement sur place. Information, pas un conseil juridique : en cas de refus, une association d’aide aux étrangers ou un avocat peuvent vous accompagner dans le recours.