Carte talent-famille : la famille qui accompagne un talent
Le conjoint et les enfants d’un titulaire de carte talent ne passent pas par le regroupement familial : voici la procédure simplifiée, son coût et ses délais.
Vérifié par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode
Talent-famille : le budget de la famille
Timbres pour la famille
350 €
| Par carte | 350 € |
| Carte du titulaire | 350 € |
La carte de séjour pluriannuelle « talent-famille » est délivrée au conjoint majeur et aux enfants du titulaire d’une carte talent (salarié qualifié, carte bleue européenne, chercheur, porteur de projet, profession artistique…), par la procédure simplifiée dite de la famille accompagnante, sans passer par le regroupement familial. Elle autorise toute activité professionnelle : l’employeur du conjoint n’a pas d’autorisation de travail à demander et ne paie pas la taxe sur l’emploi d’un étranger. Sa durée est celle qui reste à courir sur la carte talent : pour une famille arrivée le 10 novembre 2026 auprès d’un titulaire dont la carte expire le 31 août 2029, environ 33 mois. Chaque carte coûte 350 € en timbres fiscaux. Avec un visa de long séjour, la demande se dépose en ligne dans les deux mois de l’entrée, ici avant le 10 janvier 2027 ; sans réponse en 4 mois, le refus est implicite. Par le regroupement familial, la même famille n’aurait pu être demandée qu’à partir du 10 mai 2028.
La procédure de la famille accompagnante
La fiche Service-Public.fr sur la procédure simplifiée explique le principe : la « famille accompagnante » comprend l’époux ou l’épouse et les enfants mineurs du titulaire d’une carte talent. Elle peut venir en France pour la durée de son séjour sans faire la demande de regroupement familial. Le conjoint et les enfants majeurs reçoivent une carte pluriannuelle talent-famille ; les enfants mineurs sont dispensés de titre jusqu’à leur majorité. La même logique vaut pour la famille d’un titulaire de carte ICT (salarié détaché ou stagiaire d’un groupe, page dédiée) et pour celle d’un Algérien titulaire d’un certificat de résidence mention scientifique. Le fondement est aux articles L421-22 à L421-25 du CESEDA.
La fiche de la carte talent-famille précise les bénéficiaires : le conjoint de plus de 18 ans marié au titulaire ; l’enfant du couple entré mineur et devenu majeur ; l’enfant de 16 à 18 ans qui souhaite travailler. La famille d’un titulaire de carte bleue européenne qui vivait déjà dans un autre État membre de l’Union peut demander la carte dans le mois qui suit son entrée en France.
Les dates et le coût
| Étape | Date dans l’exemple |
|---|---|
| Arrivée de la famille avec un visa de long séjour | 10 novembre 2026 |
| Demande de carte en ligne, au plus tard | 10 janvier 2027 |
| Refus implicite si aucune réponse (4 mois) | 10 mars 2027 |
| Fin de la carte talent du titulaire, et de la carte talent-famille | 31 août 2029 |
La famille qui réside à l’étranger demande d’abord un visa au consulat de France, puis la carte en ligne sur l’ANEF une fois en France, dans les deux mois de l’entrée. Celle qui est déjà en France avec un VLS-TS ou un titre dépose sa demande au plus tôt 4 mois et au plus tard 2 mois avant la fin de son document. Chaque carte coûte 350 € en timbres fiscaux (taxe de 300 € et droit de timbre de 50 €), réglés à la remise. Pour un conjoint et un enfant devenu majeur, la famille paie donc 700 €.
Talent-famille ou regroupement familial : ce qui change
Le regroupement familial impose dix-huit mois de séjour avant de déposer la demande, l’instruction des ressources et du logement par le maire, puis la décision du préfet. Pour un étranger arrivé le 10 novembre 2026, la demande ne serait possible qu’à partir du 10 mai 2028. La carte talent-famille évite cette attente : la famille peut arriver avec le titulaire ou peu après. En contrepartie, elle coûte plus cher en timbres, puisqu’elle suit le tarif normal : 350 € par carte, contre 250 € sur deux ans pour un membre de famille venu par regroupement familial (validation du visa puis première carte au tarif minoré). Pour le titulaire d’une carte salarié, qui n’a pas accès à cette procédure, seul le regroupement familial reste ouvert (étapes du regroupement).
Le droit de travailler du conjoint
C’est la différence la plus concrète avec beaucoup d’autres cartes familiales : la carte talent-famille donne droit à toute activité, salariée ou indépendante, et l’employeur n’a ni autorisation de travail à demander, ni taxe employeur à payer pour embaucher le conjoint. Un conjoint qui trouve un poste peut donc commencer dès la délivrance de sa carte. Les seuils de salaire du titulaire, eux, restent ceux de la carte talent : le simulateur du passeport talent les applique à un contrat.
Ce que la carte ne change pas
La carte talent-famille dépend du titre du titulaire : si la carte talent prend fin ou n’est pas renouvelée, la carte de la famille suit son sort, sauf garantie acquise après cinq ans. Un conjoint qui veut sécuriser son séjour indépendamment peut, le moment venu, viser la carte de résident ou la nationalité selon ses propres années de résidence. Le mini-simulateur ci-dessus additionne les timbres de la famille et les compare au coût de la carte du titulaire.
Le dossier et le renouvellement
Pièces à fournir : visa de long séjour talent-famille ou titre en cours de validité, passeport ou document d’identité, justificatif de domicile de moins de six mois, carte de séjour du conjoint ou du parent titulaire, acte de mariage portant la mention la plus récente ou acte de naissance avec filiation, e-photo, engagement signé à respecter les principes de la République, et à la remise le justificatif des timbres. La carte suit le titre du titulaire et se renouvelle avec lui. Après cinq ans de résidence en France avec la carte talent-famille, le renouvellement ne peut plus être refusé et il est accordé pour quatre ans. Pour la famille d’un titulaire de carte bleue européenne, la même garantie suppose cinq ans de résidence légale dans des États de l’Union, dont les deux dernières années en France. La fiche de la carte talent détaille les catégories du titulaire. Information, pas un conseil juridique.