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Salarié détaché ICT : venir en France pour une mission dans son groupe

La carte ICT couvre le cadre ou l’expert qu’un groupe envoie dans une de ses entités françaises, sans quitter son contrat d’origine.

Vérifié par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode

Salarié détaché ICT : la condition de rémunération

Au-dessus du minimum de

2 633 €

Minimum mensuel brut1 867,02 €
Timbres350 €
Coût du titre →

La carte de séjour pluriannuelle « salarié détaché ICT », pour intra-corporate transfer, s’adresse au cadre ou à l’expert non européen qui garde son contrat de travail avec l’entreprise qui l’emploie à l’étranger et vient travailler dans une entreprise du même groupe en France. Il faut au moins six mois d’ancienneté dans le groupe et une rémunération d’au moins 1 867,02 € brut par mois, le niveau du Smic. Pour une mission de plus de trois mois et d’un an au plus, un VLS-TS suffit, validé en ligne avec une taxe de 300 €. Au-delà, la carte couvre la mission dans la limite de trois ans, durée du visa déduite : après un an de VLS-TS, il reste deux ans au plus. Elle coûte 350 € en timbres et ne se renouvelle pas. L’employeur n’a pas d’autorisation de travail à demander pour la mission. Si la préfecture ne répond pas sous 90 jours, la demande est réputée refusée : pour un dépôt le 16 novembre 2026, le 14 février 2027.

À qui s’adresse la carte ICT

La fiche officielle énumère cinq conditions cumulatives : être étranger hors Union européenne et hors Algérie ; détenir un visa de long séjour ou un VLS-TS « salarié détaché ICT » ; venir en France pour occuper un poste d’encadrement supérieur ou apporter une expertise ; avoir un contrat de travail avec l’entreprise qui vous emploie à l’étranger ; justifier d’au moins six mois d’ancienneté dans le groupe. La mission doit se dérouler dans une entreprise du même groupe que l’employeur d’origine. Ces conditions sont celles de la fiche Carte de séjour pluriannuelle salarié détaché ICT, qui renvoie aux articles L421-26 à L421-29 du CESEDA.

Visa ou carte : tout dépend de la durée

Pour une mission de plus de trois mois et d’un an au plus, le consulat délivre un VLS-TS « salarié détaché ICT », qui vaut titre de séjour : il suffit de le valider en ligne dans les trois mois suivant l’arrivée et de payer la taxe de 300 €. Pour une mission plus longue, la carte pluriannuelle prend le relais. Elle est délivrée pour la durée de la mission, trois ans au maximum, à laquelle on retranche le temps passé sous visa de long séjour.

Document et coût selon la durée de la mission
Mission prévueDocumentCoût en timbres
Plus de 3 mois, un an au plusVLS-TS salarié détaché ICT300 €
30 mois, dont 12 sous VLS-TSVLS-TS puis carte de 18 mois300 € + 350 €
36 mois demandés depuis la FranceCarte de 3 ans au plus350 €

La condition de rémunération

Le dossier comprend un justificatif de ressources supérieures ou égales à 1 867,02 € brut par mois. Le mini-simulateur en tête de page compare votre rémunération à ce minimum. En pratique, les cadres et experts concernés gagnent souvent bien plus : il vaut alors la peine de comparer avec la carte talent salarié en mission, qui n’a pas le plafond de trois ans. Avec 4 500 € par mois, l’ingénieure de notre exemple atteint 54 000 € par an, au-dessus des 39 582 € de la carte talent.

Les pièces à fournir

Outre le visa ou le titre en cours de validité, la préfecture demande le formulaire cerfa n° 15619 et ses pièces, le contrat de travail avec l’entreprise étrangère, la preuve des six mois d’ancienneté (attestation de l’employeur et fiches de paie), le justificatif de ressources, la preuve que les deux entreprises appartiennent au même groupe, les diplômes correspondant aux fonctions de cadre ou d’expert, les justificatifs d’une profession réglementée le cas échéant, et l’engagement signé de respecter les principes de la République. Depuis l’étranger, la demande se dépose au consulat ; depuis la France, à la préfecture du domicile dans les deux mois qui précèdent la fin du visa ou du titre.

Les motifs de refus propres à l’ICT

La préfecture refuse la carte si l’entreprise d’accueil a été créée principalement pour faciliter l’entrée d’étrangers détachés, si l’employeur a été condamné pour fraude en vue d’obtenir un titre, ou si la durée maximale de trois ans est atteinte. Elle peut la refuser si l’employeur ou l’entreprise d’accueil a été sanctionné pour travail illégal ou emploi d’étrangers sans autorisation, ou a manqué à ses obligations sociales, fiscales ou de droit du travail. En l’absence de réponse dans les 90 jours, la demande est réputée refusée ; un recours est alors possible pendant deux mois. Aucune préfecture ne publie de délai moyen de traitement.

Un exemple daté

Prenons l’ingénieure de notre exemple, arrivée le 7 septembre 2026 avec un VLS-TS d’un an pour une mission de trente mois. Elle doit valider son visa en ligne avant le 7 décembre 2026 et payer 300 €. Comme sa mission dépasse un an, elle demande ensuite la carte pluriannuelle à la préfecture de son domicile : la demande s’ouvre le 6 mai 2027 et doit être déposée au plus tard le 6 juillet 2027. La carte, de dix-huit mois au plus puisque douze mois ont déjà été passés sous visa, coûte 350 €. Au total, ses timbres reviennent à 650 € pour toute la mission. Comme son titre lui permet de travailler sans autorisation de travail, la taxe employeur prévue pour les embauches soumises à autorisation ne s’applique pas à son détachement.

Travail, taxe et famille

La carte ICT autorise l’activité salariée de la mission : l’employeur est dispensé d’autorisation de travail, comme le rappelle la fiche Autorisation de travail. La famille suit sans regroupement familial : le conjoint et les enfants majeurs reçoivent une carte « famille » pour la durée restante, avec le droit de travailler. Pour mémoire, une carte talent-famille coûterait 350 € ; la fiche ICT ne précise pas de tarif distinct pour la carte famille ICT, nous n’en publions donc pas. La carte talent, présentée sur sa fiche officielle, reste l’alternative pour une installation plus longue.

Information, pas un conseil juridique : le service mobilité de votre groupe et la préfecture restent les interlocuteurs pour votre dossier. Si la mission doit se prolonger au-delà du plafond de trois ans, préparez le passage vers un autre titre bien avant la fin de la carte, puisqu’une carte ICT ne se renouvelle pas.

Questions fréquentes

Quelle différence entre la carte ICT et la carte talent salarié en mission ?

Les deux visent la mobilité intragroupe. La carte ICT demande six mois d’ancienneté et une rémunération au moins égale au Smic, mais plafonne le séjour à trois ans sans renouvellement. La carte talent salarié en mission demande trois mois d’ancienneté et 39 582 € brut par an, et dure jusqu’à quatre ans. À 4 500 € par mois, l’ingénieure de notre exemple dépasse ce seuil de 14 418 €.

La carte ICT est-elle renouvelable ?

Non. La durée maximale de trois ans, visa compris, est un plafond : la préfecture refuse la carte quand il est atteint. Après six mois cumulés passés hors de l’Union européenne, une nouvelle carte peut être délivrée pour un nouveau détachement intragroupe en France. Pour rester au-delà, il faut changer de titre, par exemple vers une carte talent.

Ma famille peut-elle venir avec une carte ICT ?

Oui, par la procédure « famille accompagnante », sans regroupement familial, même si la famille arrive après vous ou si vous vous mariez après votre arrivée. Le conjoint et les enfants majeurs reçoivent une carte « salarié détaché ICT (famille) » pour la durée restante de votre séjour, qui permet toute activité professionnelle. Les enfants mineurs n’ont pas besoin de titre.

Un salarié ICT d’un autre pays de l’Union peut-il travailler en France ?

Oui, pour une mission identique de 90 jours au plus, sans autorisation de travail. Pour une mission plus longue, l’employeur doit demander une autorisation de travail et le salarié un titre de séjour en France. Le conjoint et les enfants mineurs d’un salarié en mobilité de longue durée relèvent aussi de cette procédure.

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Sources officielles

Rédigé par

Éditeur de simulateurs sur le droit au séjour et la nationalité en France

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