Conjoint de Français : du visa à la nationalité, étape par étape
Mariage reconnu, vie commune, visa : le parcours est balisé. Voici ses dates et ce que chaque étape coûte en timbres fiscaux.
Vérifié par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode
Conjoint de Français : vos prochaines étapes
Nationalité par mariage
dans 3 an(s)
| Carte de résident | dans 2 an(s) |
| Timbre de la déclaration | 255 € |
| Timbres de la carte de résident | 350 € |
L’étranger non européen marié à un Français obtient une carte de séjour « vie privée et familiale », qui permet de travailler, à condition que le mariage soit reconnu en France (célébré par un officier d’état civil français ou transcrit sur les registres français), que la communauté de vie n’ait pas cessé et que le conjoint ait gardé la nationalité française. Dans le cas général, il entre avec un visa de long séjour valant titre de séjour, à valider dans les trois mois. Après un an, il demande une carte pluriannuelle valable deux ans ; après 3 ans de mariage, la carte de résident de dix ans (un an pour un Tunisien) ; après 4 ans de mariage, la nationalité par déclaration. Pour un mariage du 17 mai 2025, la carte de résident devient possible le 17 mai 2028 et la nationalité le 17 mai 2029. Le parcours complet coûte 1 255 € en timbres, de la validation du visa à la déclaration de nationalité.
Les conditions de la carte
La fiche Service-Public.fr consacrée à l’époux étranger d’un Français pose quatre conditions : la communauté de vie ne doit pas avoir cessé depuis le mariage, le conjoint doit être français au jour du mariage et l’être resté, le mariage célébré à l’étranger doit être transcrit, et le demandeur ne doit pas vivre en polygamie. Le fondement est aux articles L423-1 à L423-6 du CESEDA. La préfecture peut refuser la carte en cas d’obligation de quitter le territoire non respectée, d’usage de faux ou de faits graves, quelle que soit la solidité du couple. L’employeur n’a pas à demander d’autorisation de travail : la carte permet tout emploi.
Le calendrier du parcours
Le cas général commence au consulat, avec un visa de long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) mention « vie privée et familiale / conjoint de Français ». Arrivé le 2 septembre 2025, le conjoint doit le valider en ligne avant le 2 décembre 2025 ; sans validation, le séjour devient irrégulier et il ne peut plus revenir dans l’espace Schengen avec ce visa. La deuxième année, il demande la carte pluriannuelle, valable deux ans, en renouvellement du visa, au plus tôt 4 mois et au plus tard 2 mois avant sa fin, soit avant le 2 juillet 2026 dans cet exemple. La première carte pluriannuelle suppose le niveau A2 en français et la réussite à l’examen civique, sauf après 65 ans.
La carte de résident de dix ans s’obtient après 3 ans de mariage, le 17 mai 2028 pour un mariage du 17 mai 2025 ; un conjoint tunisien y a droit dès un an, le 17 mai 2026. La fiche de la carte de résident exige en plus une condition d’intégration républicaine, le niveau B1 et l’examen civique mention carte de résident. Enfin, après 4 ans de mariage, le conjoint peut souscrire une déclaration de nationalité française ; s’il a vécu moins de trois ans en France depuis le mariage et que son époux n’était pas inscrit au registre consulaire pendant le séjour à l’étranger, il faut 5 ans, soit le 17 mai 2030 au lieu du 17 mai 2029.
| Étape | Timbres |
|---|---|
| Validation du VLS-TS (année 1) | 300 € |
| Carte pluriannuelle VPF (année 2) | 350 € |
| Carte de résident (après 3 ans de mariage) | 350 € |
| Déclaration de nationalité (après 4 ans) | 255 € |
| Total du parcours | 1 255 € |
Entré avec un visa de court séjour
Le conjoint qui s’est marié en France après une entrée régulière, avec un visa touristique ou en étant dispensé de visa, n’a pas à repartir chercher un visa long séjour s’il justifie de plus de six mois de vie commune en France. Il reçoit alors une carte temporaire d’un an, qui coûte 350 €, au lieu du VLS-TS. La fiche de la carte vie privée et familiale décrit ce cas. Celui qui est entré irrégulièrement relève d’un autre examen, et le visa de régularisation peut s’ajouter au prix de la carte.
Les cas particuliers
Le conjoint algérien suit l’accord franco-algérien : un visa de court séjour suffit pour entrer, puis il demande un certificat de résidence d’un an, avant le certificat de dix ans (page dédiée). Le conjoint européen, de l’Union, de l’Espace économique européen ou suisse, n’a pas besoin de titre. En cas de décès du conjoint français ou de violences conjugales, la rupture de la vie commune ne fait pas obstacle au renouvellement. La nationalité par mariage est détaillée sur le calculateur de la déclaration, avec le délai de refus d’enregistrement et les conditions de la fiche officielle de la déclaration.
Les pièces du dossier
La demande de carte se fait sur l’ANEF, le portail en ligne des titres de séjour, qui délivre aussitôt une attestation de dépôt. Elle réunit le passeport avec le visa et le cachet d’entrée, une copie intégrale de l’acte de mariage récente (ou sa transcription pour un mariage à l’étranger), la preuve de la nationalité française du conjoint (carte d’identité, passeport ou certificat de nationalité), un justificatif de domicile commun de moins de six mois, des preuves de vie commune et l’engagement signé de respecter les principes de la République. Les preuves de vie commune les plus solides sont celles qui portent les deux noms : bail, avis d’imposition commun, compte joint, factures.
Renouveler sans perdre ses droits
Chaque renouvellement se dépose dans la fenêtre de 4 à 2 mois avant la fin du titre. Déposé hors délai, il coûte 180 € de plus, sauf force majeure. Le récépissé ou l’attestation de dépôt maintient le droit de séjourner et de travailler pendant l’examen. Un divorce ou une séparation avant la carte de résident oblige à chercher un autre motif de séjour, sauf violences conjugales ou décès du conjoint.
Ce que le mini-simulateur calcule
Indiquez vos années de mariage et si vous avez vécu trois ans en France depuis : il affiche dans combien d’années la nationalité et la carte de résident deviennent possibles, et le prix des deux timbres correspondants. Pour une date au jour près, utilisez le calculateur de la déclaration de nationalité. Information, pas un conseil juridique : la préfecture et le ministère vérifient la réalité de la vie commune, pièce par pièce.