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Titre de séjour pour étranger malade : la procédure et son coût

Une carte vie privée et familiale peut être accordée à la personne gravement malade qui ne peut pas se soigner dans son pays : la procédure passe par le service médical de l’OFII.

Vérifié par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode

Titre pour soins : ce que vous paierez

À payer à la délivrance

350 €

Droit de timbre50 €
Visa de régularisation300 €
Coût de tous les titres →

La carte de séjour temporaire vie privée et familiale « pour soins » s’adresse à l’étranger non européen qui réside habituellement en France, dont l’état exige une prise en charge médicale sans laquelle sa santé deviendrait critique, et qui ne peut pas accéder au traitement adapté dans son pays d’origine. La demande peut être faite même en situation irrégulière. Elle se dépose sur l’ANEF ; le certificat médical rempli par votre médecin doit ensuite parvenir au service médical de l’OFII dans le mois qui suit sa mise à disposition, ou dans les trois mois suivant l’enregistrement de la demande d’asile pour un demandeur d’asile. Un collège de médecins de l’OFII rend un avis simple, qui ne lie pas le préfet. Si la carte est accordée, elle coûte 50 € de droit de timbre, contre 350 € pour une carte vie privée et familiale ordinaire ; sans visa de long séjour à l’entrée, le visa de régularisation porte le total à 350 €. Sans réponse au bout de quatre mois, la demande est refusée implicitement.

Les cinq conditions de la carte pour soins

La fiche de Service-Public.fr énumère des conditions cumulatives. Vous devez être étranger hors Union européenne, résider habituellement en France, avoir un état de santé qui nécessite une prise en charge médicale sans laquelle il deviendrait critique, ne pas pouvoir accéder au traitement approprié dans votre pays d’origine, et ne pas représenter une menace pour l’ordre public. La résidence habituelle se prouve sur au moins un an, par tout document daté : visa, récépissé de demande de titre ou d’asile, courrier d’une préfecture, d’un service social ou d’une école, relevés bancaires avec des mouvements, attestations de proches.

La base légale est la section du CESEDA consacrée aux cartes « vie privée et familiale » délivrées pour d’autres motifs, articles L425-1 à L425-10. La préfecture peut refuser la carte si vous n’avez pas respecté une obligation de quitter le territoire, en cas de faux documents, de délits graves ou de violences contre des agents publics.

Le calendrier de la procédure, étape par étape

La demande se dépose en ligne sur l’ANEF. Le certificat médical apparaît alors dans votre espace personnel. Exemple : pour un dépôt le 2 novembre 2026, le certificat rempli doit parvenir à l’OFII avant le 2 décembre 2026, ou avant le 2 février 2027 pour un demandeur d’asile dont la demande a été enregistrée ce jour-là.

Procédure de la carte vie privée et familiale pour soins (fiche F17164)
ÉtapeQuiDélai fixé par la fiche
Dépôt de la demandeVous, sur l’ANEFAucun
Envoi du certificat médicalVotre médecin, puis vous1 mois (3 mois si demandeur d’asile)
Compléments demandés par le médecin de l’OFIIVotre médecin15 jours
Examens complémentairesVous, gratuitement15 jours pour transmettre les résultats
Avis du collège de médecinsOFII, puis préfectureNon publié
DécisionPréfetSilence de 4 mois = refus

Une fois le rapport du médecin de l’OFII transmis au collège de médecins, la préfecture émet une attestation de prolongation d’instruction, téléchargeable sur l’ANEF : elle couvre votre séjour pendant l’examen. Attention, si vous ne répondez pas aux demandes du médecin de l’OFII, cette attestation ne vous sera pas délivrée. Aucune source officielle ne publie le temps moyen que prend l’avis médical : nous n’en avançons pas.

Le rôle exact de l’OFII

Le médecin de l’OFII peut, avec votre accord, demander des informations à votre médecin ou à tout professionnel de santé, vous convoquer pour un examen médical gratuit et prescrire des examens que vous n’avez pas à payer. Il rédige un rapport, que le collège de médecins examine. Le collège peut à son tour demander des compléments sous quinze jours, vous entendre ou vous examiner. Son avis porte sur deux questions médicales : la gravité de votre état et l’accès effectif à un traitement adapté dans votre pays. Il est transmis au préfet, qui reste libre de sa décision : c’est ce que la fiche appelle un avis simple.

Ce que vous paierez

Le mini-simulateur en haut de page fait le calcul selon que vous êtes entré avec un visa de long séjour ou non. La carte pour soins n’est soumise qu’au droit de timbre de 50 €, à la première délivrance comme au renouvellement (50 €). La personne entrée sans visa de long séjour paie en plus le visa de régularisation de 300 €, soit 350 € au total ; 100 € de ce montant sont dus dès le dépôt et ne sont pas remboursés en cas de refus. Ces montants appliquent le barème entré en vigueur le 1er mai 2026 et les articles L436-1 à L436-13 du CESEDA.

Timbres fiscaux, barème du 1er mai 2026
SituationPremière carteRenouvellement
Entré avec un visa de long séjour50 €50 €
Entré sans visa de long séjour350 €50 €
Pour comparaison : carte vie privée et familiale ordinaire350 €250 €

Renouveler la carte pour soins

La carte temporaire pour soins se renouvelle tant que les conditions médicales restent remplies : la procédure médicale recommence alors, avec un nouveau certificat et un nouvel avis du collège de médecins. Le renouvellement se dépose dans la fenêtre habituelle, entre 4 et 2 mois avant la fin de la carte ; le calendrier de renouvellement donne les dates exactes à partir de la date d’expiration.

Refus et recours

Le refus peut être écrit ou résulter du silence : sans réponse quatre mois après la demande, celle-ci est implicitement rejetée. Pour un dépôt le 2 novembre 2026, ce refus implicite naîtrait le 2 mars 2027. Un recours devant le juge administratif est alors possible dans les 2 mois, soit jusqu’au 2 mai 2027 dans cet exemple. Le simulateur de délai fait ce calcul pour les autres titres.

Le cas du parent d’un enfant mineur gravement malade est distinct : il ne passe pas par l’ANEF et donne lieu à une autorisation provisoire de séjour, soumise depuis mai 2026 à une taxe de 100 €. Pour la procédure complète, reportez-vous à la fiche officielle sur le titre de séjour de l’étranger malade. Ces informations sont générales et ne remplacent pas l’avis d’une association ou d’un avocat pour un dossier médical complexe.

Questions fréquentes

Peut-on demander la carte pour soins sans être en situation régulière ?

Oui. La fiche officielle le précise : la demande est possible même en séjour irrégulier, à condition de résider habituellement en France et de pouvoir le prouver (visa, récépissé, documents d’une administration, relevés bancaires, courriers). La préfecture peut toutefois refuser si vous n’avez pas exécuté une obligation de quitter le territoire ou si vous représentez une menace pour l’ordre public.

Qui remplit le certificat médical et à qui l’envoyer ?

Le certificat se télécharge dans votre espace personnel ANEF une fois la demande déposée. Vous l’imprimez, votre médecin le remplit, puis vous l’envoyez au service médical de l’OFII, de préférence en recommandé avec accusé de réception. Le délai est d’un mois à partir de sa mise à disposition, de trois mois à partir de l’enregistrement de la demande d’asile si vous êtes demandeur d’asile.

L’avis favorable des médecins de l’OFII garantit-il la carte ?

Non. L’avis du collège de médecins de l’OFII est un avis simple : il éclaire le préfet sans l’obliger. Le préfet garde son pouvoir d’appréciation et peut refuser malgré un avis favorable, ou accorder la carte malgré un avis réservé. En cas de refus écrit ou de silence de quatre mois, un recours devant le juge administratif est possible dans les deux mois.

Pourquoi la carte pour soins coûte-t-elle seulement 50 € ?

Parce qu’elle n’est soumise qu’au droit de timbre, sans la taxe qui s’applique aux autres cartes : 50 € au lieu de 350 €. Le renouvellement coûte aussi 50 €. Le visa de régularisation de 300 € reste dû si vous êtes entré en France sans visa de long séjour, ce qui est fréquent pour ce titre.

Que se passe-t-il si l’enfant malade est mineur ?

Le parent d’un enfant mineur gravement malade ne relève pas de cette carte ni de la démarche sur l’ANEF : il demande une autorisation provisoire de séjour. Depuis le 1er mai 2026, sa délivrance et son renouvellement sont soumis à une taxe de 100 €, selon l’actualité officielle de Service-Public.fr sur la hausse des taxes.

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Sources officielles

Rédigé par

Éditeur de simulateurs sur le droit au séjour et la nationalité en France

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