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Titre de séjour salarié : du contrat de travail à la carte de 4 ans

La carte salarié s’obtient en deux temps : l’employeur obtient l’autorisation de travail, puis vous demandez le visa et la carte.

Vérifié par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode

Coût d’une embauche : salarié et employeur

Taxe due par l’employeur

1 430 €

Timbres du salarié sur 2 ans650 €
Total de l’arrivée2 080 €
Taxe employeur détaillée →

Un étranger non européen qui vient travailler en France comme salarié reçoit une carte « salarié » s’il est en CDI et une carte « travailleur temporaire » s’il est en CDD. Dans les deux cas, l’employeur doit d’abord obtenir une autorisation de travail, demandée en ligne. Depuis l’étranger, le salarié demande ensuite un visa de long séjour valant titre de séjour (VLS-TS), valide ce visa dans les trois mois de son arrivée en payant 300 €, puis dépose sa demande de carte au plus tard deux mois avant la fin du visa. La première carte coûte 350 € en timbres fiscaux, le renouvellement 250 €, ou 430 € s’il est déposé hors délai. Sur trois ans, l’arrivée d’un salarié revient à 900 € de timbres pour lui. De son côté, l’employeur paie une taxe : pour une technicienne en CDI à 2 600 € brut par mois, 1 430,00 €. Au renouvellement, un salarié toujours en poste qui a le niveau A2 et réussi l’examen civique reçoit une carte pluriannuelle de quatre ans.

Les deux cartes du salarié

La fiche officielle distingue nettement les deux situations. En CDI, la carte « salarié » ; en CDD, la carte « travailleur temporaire ». Les conditions communes tiennent en trois points : être étranger et vouloir travailler comme salarié, disposer d’une autorisation de travail, et, pour une première admission au séjour, avoir un VLS-TS portant la même mention. La préfecture peut refuser la carte en cas d’obligation de quitter le territoire non respectée, de faux documents, de délits graves ou de violences contre des agents publics. Les règles viennent de la fiche Carte de séjour salarié ou travailleur temporaire et des articles L421-1 à L421-4 du CESEDA.

Étape 1 : l’autorisation de travail, côté employeur

Rien ne commence sans elle. L’employeur la demande sur le téléservice, que le futur salarié soit en France ou à l’étranger. Il doit en principe avoir publié l’offre pendant trois semaines consécutives auprès du service public de l’emploi, sauf métier en tension ou jeune diplômé de master payé au-delà d’une fois et demie le Smic. La rémunération ne peut pas être inférieure au Smic ou au minimum conventionnel. Les critères sont détaillés sur la fiche sur la délivrance des autorisations de travail ; notre page Autorisation de travail les reprend un par un.

Étape 2 : visa, validation, carte

Une fois l’autorisation accordée, l’administration prévient l’employeur, qui prévient le salarié. Celui-ci demande un VLS-TS au consulat. À l’arrivée, il peut travailler tout de suite, mais doit valider son visa en ligne dans les trois mois et payer 300 €. La demande de carte se dépose ensuite à la préfecture du domicile au plus tard deux mois avant la fin du VLS-TS. Un salarié déjà en France avec un autre titre change de statut : l’employeur demande l’autorisation de travail, puis le salarié dépose sa demande de carte avant la fin de son titre actuel.

Combien coûte la carte, et à qui

Le salarié paie ses timbres fiscaux, l’employeur paie la taxe. Les deux montants s’additionnent pour le coût complet d’une embauche, ce que le mini-simulateur en tête de page fait pour vous.

Barème des timbres en vigueur depuis le 1er mai 2026
ÉtapePayé parMontant
Validation du VLS-TS (année 1)salarié300 €
Première carte (année 2)salarié350 €
Renouvellement (année 3)salarié250 €
Taxe employeur, CDI à 2 600 € par moisemployeur1 430,00 €
Taxe employeur, CDD de moins d’un an au même salaireemployeur210 €

Le montant des timbres suit la hausse du 1er mai 2026. La taxe employeur, elle, est décrite sur la fiche Autorisation de travail : 55 % du salaire mensuel pour un contrat d’un an ou plus, avec un plafond de 2 567,15 €.

Les pièces du dossier

À la fin du VLS-TS, si vous occupez toujours l’emploi qui a justifié le visa, le dossier comprend un justificatif de nationalité, un justificatif de domicile de moins de six mois, le visa arrivant à expiration, trois photos ou le code de la e-photo, l’autorisation de travail du poste, un élément de la déclaration sociale nominative ou une attestation d’activité des douze derniers mois, et l’engagement signé de respecter les principes de la République. Le justificatif de paiement des timbres et le certificat médical de l’OFII se remettent plus tard, à la remise de la carte.

Les délais qui comptent

Pour une carte qui expire le 14 septembre 2027, la fenêtre de renouvellement s’ouvre le 14 mai 2027 et se ferme le 14 juillet 2027. Un dépôt plus tardif coûte 430 € au lieu de 250 €. Côté réponse, aucune préfecture ne publie de délai moyen. Ce que dit la fiche, c’est qu’une absence de réponse au bout de 4 mois vaut refus implicite : pour un dépôt le 1er juin 2027, le refus implicite naîtrait le 1er octobre 2027, et ouvrirait un délai de deux mois pour un recours gracieux, hiérarchique ou devant le tribunal administratif.

Le renouvellement et la carte pluriannuelle

À l’échéance de la carte d’un an, trois cas se présentent. Vous êtes toujours en poste : la préfecture délivre une carte pluriannuelle de quatre ans, à condition de remplir la condition d’intégration républicaine (assiduité aux formations du contrat d’intégration, français de niveau A2, examen civique réussi pour une première carte pluriannuelle). Vous avez changé d’emploi : il faut l’autorisation de travail du nouvel employeur. Vous êtes au chômage indemnisé : une nouvelle carte temporaire d’un an vous est délivrée. La page Carte pluriannuelle calcule la date à partir de laquelle la demander.

Si vous gagnez plus

Au-delà de 39 582 € brut par an avec un master français, la carte talent salarié qualifié dispense l’employeur de l’autorisation de travail et de la taxe, et dure jusqu’à quatre ans dès la première délivrance. À 59 373 €, la carte bleue européenne ouvre la même dispense avec un diplôme étranger. Le simulateur Passeport talent compare votre salaire à chaque seuil.

Information, pas un conseil juridique : seule la préfecture apprécie votre dossier. Les ressortissants algériens relèvent de l’accord franco-algérien et suivent d’autres règles.

Questions fréquentes

Quelle différence entre la carte salarié et la carte travailleur temporaire ?

La carte « salarié » correspond à un CDI et la carte « travailleur temporaire » à un CDD ; les deux sont valables un an la première fois. La seconde se renouvelle pour la durée du CDD restant ou du nouveau CDD, qui peut dépasser un an. Elles coûtent le même prix, 350 € en première délivrance, et exigent chacune une autorisation de travail.

Peut-on commencer à travailler dès l’arrivée avec un VLS-TS salarié ?

Oui. Le visa de long séjour valant titre de séjour permet de travailler dès l’entrée en France, chez l’employeur qui a obtenu l’autorisation. Il faut en revanche le valider en ligne dans les trois mois et payer la taxe de 300 € ; sans validation, le séjour devient irrégulier et vous ne pouvez plus ressortir puis revenir dans l’espace Schengen.

Que devient la carte salarié en cas de perte d’emploi ?

Si vous êtes au chômage et indemnisé par France Travail à l’échéance de la carte, la préfecture délivre une nouvelle carte temporaire salarié d’un an. Il faut alors fournir l’attestation de l’employeur justifiant la rupture et l’avis de situation de France Travail. Si vous n’avez pas retrouvé d’emploi au terme de cette année, la suite dépend de vos droits.

Changer d’employeur avec une carte salarié est-il possible ?

Oui, mais le nouvel employeur doit obtenir sa propre autorisation de travail, car la carte n’autorise que l’emploi pour lequel l’autorisation a été donnée. Au renouvellement, vous fournissez l’autorisation dématérialisée du nouvel employeur et l’attestation du précédent. Passer d’un CDI à un CDD oblige à changer de carte, et inversement.

Quand passe-t-on à la carte pluriannuelle de quatre ans ?

Au premier renouvellement, si vous occupez toujours un emploi salarié et remplissez la condition d’intégration : formations du contrat d’intégration républicaine suivies, français au niveau A2 et examen civique réussi pour une première carte pluriannuelle, sauf après 65 ans. La carte pluriannuelle coûte 250 € au titre d’un renouvellement.

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Sources officielles

Rédigé par

Éditeur de simulateurs sur le droit au séjour et la nationalité en France

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