Carte de résident longue durée-UE : vos cinq ans comptent-ils ?
Cinq ans de séjour régulier ne suffisent pas s’ils ont été trop souvent interrompus. Vérifiez vos absences, puis les autres conditions.
Vérifié par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode
Vos absences cassent-elles les 5 ans ?
Résidence ininterrompue
oui
| Plafond d’affilée | 6 mois |
| Plafond total | 10 mois |
| Marge restante | 3 mois |
La carte de résident mention « résident de longue durée-UE » est la carte de dix ans des étrangers installés depuis au moins 5 ans en France, sans lien familial particulier. La durée se compte avec les titres admis : VLS-TS, cartes salarié, visiteur, entrepreneur, vie privée et familiale, talent, résident ; les années d’études n’y figurent pas. Le séjour doit être ininterrompu, mais des absences sont tolérées : 6 mois d’affilée au plus et 10 mois au total sur les cinq ans. Il faut aussi des ressources stables d’au moins le Smic, 1 867,02 € brut par mois, hors prestations familiales, RSA et ASS, une assurance maladie, le niveau B1 en français et l’examen civique avant 65 ans. Arrivée le 3 janvier 2021, une salariée remplit la durée le 3 janvier 2026. La carte coûte 350 € en première délivrance, 250 € si vous avez déjà un titre en cours de validité. Elle permet en plus de s’installer plus de trois mois dans un autre pays de l’Union sans visa de long séjour.
Le calcul des absences, cas par cas
La règle tient en deux plafonds qui s’appliquent ensemble : aucune absence de plus de 6 mois d’affilée, et pas plus de 10 mois au total sur la période de cinq ans. Une absence tolérée ne remet pas le compteur à zéro : elle est même comptée dans les cinq ans. Le mini-simulateur ci-dessus applique ces deux plafonds à vos chiffres ; le tableau montre trois profils.
| Profil | Plus longue absence | Total sur 5 ans | Séjour ininterrompu |
|---|---|---|---|
| Salariée, deux séjours familiaux | 4 mois | 7 mois | oui |
| Ingénieur en mission à l’étranger | 7 mois | 7 mois | non |
| Visiteur, nombreux voyages courts | 5 mois | 11 mois | non |
Dans le deuxième cas, une seule absence de sept mois suffit à rompre la continuité, alors que le total reste modéré. Dans le troisième, aucune absence n’est longue, mais leur somme dépasse le plafond. La préfecture apprécie ces durées sur pièces : tampons du passeport, attestations d’employeur, relevés. Gardez-les dès votre arrivée.
Les titres qui comptent
La fiche officielle de la carte longue durée-UE énumère les titres pris en compte : visa de long séjour valant titre de séjour, carte visiteur, carte vie privée et familiale (hors protection subsidiaire et deux cas liés à une procédure pénale), carte salarié, carte entrepreneur ou profession libérale, carte talent sauf salarié en mission, carte de résident. La carte étudiant n’y figure pas. Pour le réfugié et le protégé subsidiaire, les cinq ans partent du dépôt de la demande d’asile.
Une voie raccourcie existe pour la carte bleue européenne : deux ans en France avec cette carte suffisent si vous aviez auparavant séjourné régulièrement au moins trois ans en France ou dans un autre pays de l’Union, avec une carte bleue, une carte de chercheur, un titre pour emploi hautement qualifié ou une protection internationale. Les absences admises sur cette période sont plus larges : douze mois d’affilée et dix-huit mois au total. Cette règle relève de l’article L421-12 du CESEDA.
Ressources, assurance, intégration
Les ressources doivent être stables, suffisantes et régulières, au moins égales au Smic, soit 1 867,02 € brut par mois depuis le 1er juin 2026. Toutes vos ressources propres comptent ; la prestation d’accueil du jeune enfant, les allocations familiales, le complément familial, l’allocation de logement, l’AEEH, l’ASF, l’ARS, l’AJPP, le RSA et l’ASS sont exclus. L’AAH versée pour un taux d’incapacité d’au moins 80 % et l’ASI dispensent de la condition. Une assurance maladie est exigée.
L’intégration se juge sur l’engagement à respecter les principes de la République, leur respect effectif, le niveau B1 en français et la réussite à l’examen civique mention « carte de résident » ; après 65 ans, seuls les deux premiers critères restent. Le préfet consulte le maire de votre commune. La fiche sur le niveau de français liste les tests et diplômes admis.
Longue durée-UE ou carte de résident ordinaire ?
Les deux cartes durent dix ans, coûtent le même prix et demandent le même niveau de français. Elles ne visent pas les mêmes personnes. La carte de résident ordinaire suppose un lien particulier : conjoint ou parent de Français, famille venue par regroupement auprès d’un résident, protection internationale. La carte longue durée-UE récompense la seule durée de séjour, contre des ressources au Smic. Elle offre en échange deux avantages : la mobilité vers un autre pays de l’Union et une caducité plus lente en cas de séjour à l’étranger. Si vous remplissez les deux, comparez votre projet de vie : une mobilité européenne plaide pour la longue durée-UE. Le simulateur de carte de résident calcule la date pour chaque motif.
Déposer, payer, garder la carte
La demande peut accompagner le renouvellement de votre carte : en préfecture dans les deux mois avant sa fin, ou sur l’ANEF entre 4 et 2 mois avant. Elle peut aussi être faite à tout moment en préfecture. La première délivrance coûte 350 € ; si vous détenez déjà un titre en cours de validité, 250 €. Un dépôt hors délai ajoute 180 €. Sans réponse en quatre mois, la demande est implicitement refusée ; le recours est ouvert pendant deux mois.
La carte vaut dix ans et se renouvelle au même prix que le second tarif, ou se transforme en carte de résident permanent. Elle devient caduque après plus de trois ans consécutifs hors de l’Union, six ans consécutifs hors de France, ou si vous obtenez le même statut ailleurs en Europe. Son atout propre : elle permet de séjourner plus de trois mois dans un autre pays de l’Union sans visa de long séjour, en y demandant ensuite un titre selon le motif de votre installation. Le cadre légal est l’article L433-7 du CESEDA. Cette page est une information générale, pas un conseil juridique.