Carte recherche d’emploi ou création d’entreprise : l’année après le diplôme
Elle donne un an au jeune diplômé d’un master français pour trouver un emploi lié à ses études ou lancer son entreprise.
Vérifié par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode
Après le diplôme : votre salaire suffit-il ?
Changement de statut simplifié
oui
| Seuil (strictement au-dessus) | 2 800,53 € |
| Écart | 99 € |
La carte de séjour « recherche d’emploi ou création d’entreprise », souvent appelée carte RECE, permet à un étudiant non européen qui vient d’obtenir en France un master, une licence professionnelle, un mastère spécialisé ou un diplôme équivalent de rester un an pour chercher un emploi ou créer une entreprise en lien avec ses études. Le diplôme doit dater de moins de douze mois si vous êtes encore en France ; reparti à l’étranger, vous pouvez la demander dans les quatre ans suivant le diplôme, sous forme de VLS-TS. Elle coûte 150 € demandée en France, 100 € à la validation du visa depuis l’étranger. Pendant cette année, vous pouvez travailler sans autorisation de travail dans un emploi lié à votre formation payé plus de 2 800,53 € brut par mois, et la limite étudiante de 964 heures ne s’applique plus. La carte ne se renouvelle pas. Pour une carte étudiant qui expire le 31 octobre 2026, la demande se dépose à partir du 31 août 2026 ; la carte couvrirait alors jusqu’au 31 octobre 2027.
Qui peut la demander
Deux publics sont visés. D’abord l’étudiant encore en France, qui séjourne avec une carte étudiant ou étudiant-programme de mobilité et a obtenu dans les douze derniers mois une licence professionnelle, un mastère spécialisé, un Master of Science labellisé ou un diplôme au moins équivalent au master ; la liste des équivalences figure dans l’arrêté du 12 mai 2011. Ensuite le diplômé reparti à l’étranger, qui dispose de quatre ans après son diplôme français pour revenir avec un VLS-TS. Un troisième cas existe : le titulaire d’une carte talent-chercheur qui a achevé ses travaux. Ces règles viennent de la fiche Carte de séjour ou VLS-TS recherche d’emploi ou création d’entreprise et des articles L422-8 à L422-14 du CESEDA.
Ce que la carte permet pendant un an
Elle vous autorise à rester un an en France pour chercher un emploi ou créer une entreprise dans un domaine lié à vos études ou à vos recherches. Vous pouvez travailler comme salarié pendant ce temps : l’employeur est dispensé d’autorisation de travail, à condition que l’emploi soit en lien avec votre formation et que la rémunération mensuelle brute dépasse 2 800,53 €, une fois et demie le Smic. La limite de 964 heures par an qui s’appliquait avec la carte étudiant tombe. La carte n’est pas renouvelable : l’année sert de passerelle vers un titre de travail.
Calendrier d’une diplômée de juin 2026
Prenons une étudiante qui a obtenu son master en juin 2026 et dont la carte étudiant expire le 31 octobre 2026. Elle doit déposer sa demande à la préfecture de son domicile dans les deux mois qui précèdent cette date, donc à partir du 31 août 2026. Le dossier complet lui vaut un récépissé en attendant la réponse. La carte, d’un an, couvrirait la période du 1er novembre 2026 au 31 octobre 2027, et c’est avant cette dernière date qu’il faudra demander la carte suivante.
| Étape | Date ou montant |
|---|---|
| Fin de la carte étudiant | 31 octobre 2026 |
| Dépôt possible à partir du | 31 août 2026 |
| Timbres de la carte demandée en France | 150 € |
| Taxe de validation du VLS-TS (demande depuis l’étranger) | 100 € |
| Fin de l’année de recherche | 31 octobre 2027 |
Le dossier
La préfecture demande la carte étudiant en cours de validité ou le VLS-TS validé, un justificatif de nationalité, un justificatif de domicile de moins de six mois, trois photos, une attestation d’assurance maladie, le diplôme obtenu dans les douze derniers mois ou l’attestation de réussite définitive, l’engagement signé de respecter les principes de la République et, si vous visez la création d’entreprise, la description d’un projet dans un domaine correspondant à votre formation. Une déclaration sur l’honneur de non-polygamie est exigée des personnes mariées originaires d’un pays qui l’autorise.
Trouver l’emploi : la règle du salaire
Le seuil de 2 800,53 € est strict : la fiche parle d’une rémunération « supérieure » à ce montant. Le mini-simulateur en tête de page compare l’offre que vous avez reçue. Une offre à 2 950 € brut par mois passe (oui), une offre à 2 700 € ne passe pas : l’employeur devrait alors obtenir une autorisation de travail ordinaire, avec publication de l’offre ou métier en tension, comme le décrit la fiche Autorisation de travail. Pour comparer votre offre à tous les seuils, y compris ceux des cartes talent, utilisez le simulateur Changement de statut.
Créer son entreprise
Si l’année débouche sur une entreprise, deux titres sont possibles. La carte « entrepreneur / profession libérale » demande une activité capable de procurer au moins le Smic, 1 867,02 € par mois, et coûte 350 € en première délivrance. La carte talent porteur de projet demande un projet réel et sérieux, au moins 30 000 € de financement et des ressources au moins égales au Smic annuel. La page Carte entrepreneur détaille la première.
Trois erreurs qui coûtent l’année
La première est de laisser expirer la carte étudiant : la demande se dépose avant sa fin, dans les deux derniers mois, et non après la remise du diplôme si celle-ci intervient plus tard ; l’attestation de réussite définitive suffit. La deuxième est d’accepter un poste sans lien avec la formation en croyant la carte suffisante : sans lien ou sous le seuil, l’employeur doit demander une autorisation de travail. La troisième est d’attendre la dernière semaine de l’année de recherche pour préparer la carte suivante : comme la carte RECE ne se renouvelle pas, c’est la nouvelle demande, déposée à temps, qui maintient le séjour régulier. À noter enfin que la carte étudiant ne permettait pas d’être auto-entrepreneur ; la carte RECE, elle, est conçue pour préparer une création d’entreprise.
Cas particuliers
Les étudiants algériens ne peuvent pas obtenir cette carte. Les ressortissants d’un pays lié à la France par un accord sur les flux migratoires peuvent préférer une autorisation provisoire de séjour pour une première expérience professionnelle ; la fiche sur le travail après les études liste ces pays et les métiers ouverts. Information, pas un conseil juridique : la préfecture apprécie le lien entre l’emploi et le diplôme.